samedi 10 janvier 2009

I wanna hold your hand

Bucharest, Nov. 2008

vendredi 21 novembre 2008

Where do we go from here?

Heidelberg, Nov. 2008

Quelques notes, lois, principes de la vie sur les routes :

- Si elle est très belle, il y a de grandes chances qu'elle soit célèbre.
- Si elle est très belle, il y a une toute petite chance que ce soit un trans'.
- "Soyez honnête avec moi, je supporte très bien la critique."
- En Grèce, ils se souviennent toujours de
vous.
- Pourquoi payer 15 £ par jour le wi-fi dans un 5* alors que c'est gratuit dans un 3*?
-
"On s'est déjà rencontré."
-
"Je sais que vous vous ressemblez tous mais d'où venez-vous?"
-
Le Monde est très petit

mercredi 19 novembre 2008

State of Play

London, Oct. 2008

vendredi 17 octobre 2008

The Book I Read

Stockholm, Sep. 2008

mardi 7 octobre 2008

Breaking Glass

Oslo, Sep. 2008

samedi 4 octobre 2008

These Boots are made for...

« C’est important que ce type baise avec ses bottes de cow-boy, ça fait partie du personnage »

Hervé Bodilis, réalisateur de films X, making-of de Casino No Limit


« Paul Newman était un acteur de la Méthode avec des questions comme « j’ai besoin de savoir si mon personnage fait l’amour avec ses bottes aux pieds ou pas ». Quand je lui ai suggéré qu’il faisait probablement l’amour à ses bottes, on eu la scène ».

Shirley McLaine, actrice, My Lucky Stars: A Hollywood Memoir

vendredi 26 septembre 2008

Running up that Hill

Bandung, Août 2008

mercredi 24 septembre 2008

True to Life

Surabaya, Août 2008

jeudi 18 septembre 2008

Chaleur Humaine

« Ce morceau consacré de montage où Bond abat le spectateur qui essayait imprudemment de se cacher dans un coquillage en spirale. » (Adam Mars-Jones)

C’est la plus belle définition jamais lue de ce truc vu des milliers de fois en ouverture des 007 – et c’est très fin car le terme « consacré » en anglais (hallowed) se rapproche dangereusement de « creux » (hollow). Au choix, c’est aussi un résumé de la dialectique Bond, balancement entre le familier et l’inattendu (ce qu’on appelle en jargon d’historien le changement dans la continuité), prévisible mais attendu avec excitation comme le Beaujolais (du moins à l’étranger). Le gunbarrel couvert de sang, c’est l’image du spectateur à qui l’on demande d’arriver l’esprit vierge avant chaque nouveau 007 et que le héros se charge de déflorer. Vingt-deux fois à ce jour. Cachez vos femmes, James arrive en ville.

Ci-dessous, une version rejetée du gunbarrel avec Timothy Dalton, qui a l’air de mélanger l’excitation d’avoir décroché le contrat et le léger déséquilibre de la jambe chez Sean Connery quand ce dernier se prêtait à l’exercice.

dimanche 14 septembre 2008

The Man who sold Records

Donc, il va bien et sort même en octobre une 236ème compil’ (iSELECT Bowie – qui veut dire « je viens de découvrir l’iPod ») de ses morceaux qu’il a choisi en personne. Et il a du bon goût le bonhomme car il a sélectionné des titres un peu plus obscurs qu’on aime beaucoup et qu’on a toujours repiqués dans nos propres playlists/compilations alternatives : la suite Sweet Thing/Candidate/Sweet Thing (Reprise) – sur Diamond Dogs - où on a l’impression qu’il va s’effondrer, Win (sur Young Americans) où il fait le Al Jolson mutant, s’imaginant plus noir que blanc où le contraire à cause de la coke, on ne sait plus.

Un point commun, sur ces titres et d’autres choisis (Fantastic Voyage, Lady Grinning Soul, Repetition), il chante comme un dieu, mieux que sur ses tubes proclamés. Un disque en forme d’autoportrait en diva, homme blessé (The Bewlay Bros et Teenage Wildlife, monologue un brin pleurnichard sur son statut de star figurant sur Scary Monsters), citoyen berlinois (Some Are chanté en yoghourt) et comme d’habitude, auteur de classiques (Truc sur Mars). Les fans spéculent bien sûr sur le tracklisting, la présence de Loving the Alien et le choix (testamentaire) de Hang on to Yourself comme dernière chanson.

Liste :

01 Life on Mars?
02 Sweet Thing/Candidate/Sweet Thing (Reprise)
03 The Bewlay Brothers
04 Lady Grinning Soul
05 Win
06 Some Are
07 Teenage Wildlife
08 Repetition
09 Fantastic Voyage
10 Loving the Alien
11 Time Will Crawl (remix)
12 Hang on to Yourself (live)

Ah, et puis ça bave mais c’est beau.

mardi 9 septembre 2008

Ce qu’on apprend au cinéma (3) : Bette, Adam, Steve et les autres


2 : en Chine, ils jettent les bébés à la poubelle. La phrase est énorme (donc certainement vraie) : elle est prononcée dans Une Histoire de famille* par Bette Midler (là en haut). Voilà le problème. Dans la bouche de la mamie queer, jetée au vent dans un salon, elle n’a pas plus de portée qu’un « les chiens ont quatre pattes » (c’est peut-être l’effet recherché). De là, on se remet d’office à notre sport favori : quel effet cela aurait donné avec/dans la bouche d’un(e) autre ? Anne Roumanoff ? Plouf. Bigard ? Effet brève de comptoir dans un talk-show, vaguement justifié après (« je l’ai lu quelque part») et excuses publiques le lendemain. Avec Timsit, ça pourrait être drôle mais des excuses publiques jailliraient aussi le lendemain. De Funès ? Pas possible, pas son registre.



C’est typiquement le genre de réplique à entendre outre-Atlantique – un peu comme un « en France, ils tuent des vieux tous les étés » -, dans la bouche du Michael Scott (Steve Carell, ci-dessus) – joli portrait car précis dans un news culturel de cette semaine) de la sitcom The Office U.S. par exemple. Il dirait ça avec une voix de canard vexé, au détour d’un concours de blagues ; personne ne rirait sauf lui ; la caméra palperait la gêne ambiante en long plan, tentant d’accrocher des visages qui se déroberaient.




L’effet « quel effet cela aurait donné avec un(e) autre » nous a ainsi occupés pendant toute la projo de Rien que pour vos cheveux (là, en haut). Rien de détestable ; on aime bien le principe de la, la… rabbisploitation ? Koshersploitation ? Accordsdoslosploitation ? Et les sous-titres comme le concept de falafolle. Le truc est que Sandler et Dugan le réal n’ont aucun sens du timing. On m’avait vendu les gags sur le hommos à peu près potables : chaque blague sur la purée de pois-chiche fait (contre)plaqué – gros plan par ci, mauvais timing par là – et ne manque qu’un panneau « ça gag sur hommos ». C’est d’autant plus foiré que la logique ZAZ-y-a-t-il-un-réal-derrière-la-caméra ici supposée demande un timing impec’, ou plutôt une accumulation : dans les Y-a-t-il, les gags se déploient partout dans une scène, quatre ou cinq en même temps devant derrière, certains tombant à plat, d’autres bénéficiant de l’échec d’un autre. Dans Rien que pour vos cheveux, il y a souvent des courants d’air. Le super-espion joué par Sandler a toujours une longueur d’avance sur tout – au contraire des Keaton, Chaplin et Chan qui sont grands, dans les temps, parce qu’ils sont en retard et soudain en avance face à un engrenage ou un parapluie – est super-chiant, les cameos ratés (Fonzie, John McEnroe ( ????)). Chris Rock, chauffeur de taxi émigré prononçant « tous mes frangins ont été charcutés », a presque l’effet Timsit pré-cité. Ca dure cinq secondes (et on croit avoir entrevu Kal Penn dans son rôle fétiche : l’indien-qui-joue-un-barbu-qu’on-prend-pour-un-terroriste). Le tout est un peu plus regardable que l’abominable Quand Chuck rencontre Larry – la gérontophilie, c’est cool - mais confirme bien que Sandler est incroyablement sinistre (ça donne presque envie de réhabiliter Punch Drunk Love).


Il manque donc un Leslie Nielsen à ce truc – le sens du timing, la gestion raisonnée de la gêne et de l’embarras, le côté raide volontaire et ridicule. Ce type existe, il s’appelle Steve Carell.

Note
: on garde de côté pour la rubrique « ce qu’on apprend à la télé » cette phrase magnifique de la rock star François Bégaudeau (dans Le Cercle, sur Canal + Cinéma, à propos du moyen Inju de Barbet Schroeder) : « l’auteur qui se prend pour son personnage… ça va quoi, faudra un jour arrêter avec tout ça. »


* rom’-com’ réalisée par Helen Hunt, avec quelques variations bienvenues dans la formule et deux ou trois trucs intéressants. Et une apparition improbable de Salman Rushdie en gynéco (fatwa ? Planque ? Ventre maternel?) . Sortie le 1er Octobre.

samedi 6 septembre 2008

Ce qu’on apprend au cinéma (2) : Martyrs


2 : La douleur est une valeur en baisse de nos jours. Pourquoi j’ai mal ? On sait comment mais pourquoi ? Parce que, parce que… il y a longtemps, en des temps plus religieux, cela avait un sens : on souffrait sur terre pour une vie meilleure après. Martyrs re-contextualise le film de torture Guantanamo chic sous l’angle du pourquoi, là où (au pire), Saw se planquait derrière la mascarade Fort Boyard (« le jeu est fini, hahaha ») et où (un poil mieux, mais toujours pas bien), Hostel refourguait la marchandisation du monde et les ravages du capitalisme en Europe de l’est. On avait écrit quelque part que la saga des Saw piochait dans le dolorisme chrétien – on se reportera au chapitre « mysticisme » de l’inépuisable Souffrir de Chantal Thomas - en le repeignant aux couleurs cracra MTV : Martyrs nous prend au mot, mais prend son temps.

La première partie hystérique de Martyrs est ainsi naze, mixant mal slasher, horreur jap et le Argento d’appartement des eighties (Ténèbres), et on reçoit cela plus comme un glaviot que comme une claque au visage – si c’était l’effet escompté. Mylène Jampanoï est désaccordée. La seconde partie est un chouïa plus intéressante. Un genre de snuff movie filmé avec patience (on regrettera un jour d’avoir écrit ça : Saw 5 pointe sa fraise de dentiste bientôt). Et le film perd ses béquilles avec sa fin de p’tit malin (la maladie du néo-film d’horreur d’aujourd’hui). La réponse au pourquoi principal est un peu risible, ou plutôt mal amenée (SPOILER : « on te torture pour savoir s’il y a quelque chose après la mort »). Un autre « pourquoi » affleure, plus intéressant, mais à peine esquissé, dommage : « je souffre par amour parce que tu as souffert et que je me sens coupable de ne pas avoir souffert comme toi ». Une sorte de complexe du survivant formidablement abordé dans un puissant roman fraîchement paru : Le Ministère de la Douleur (Albin Michel).


Ah, et plus fort que Martyrs – parce que consenti par la récipiendaire (c’est quand même dégueulasse) : « Des névralgies effroyables l’assaillirent qui lui forèrent, ainsi qu’avec un vilebrequin, les tempes et lui frappèrent, à coups redoublés de maillet, le crâne ; le front se fendit de la racine des cheveux jusqu’au milieu du nez ; le menton se décolla sous la lèvre inférieure et la bouche enfla ; l’œil droit s’éteignit et l’autre devint si sensible qu’il ne pouvait supporter, sans saigner, la moindre lueur. » (J-K Huysmans, Sainte Lydwine de Schiedam)

Pourquoi j’ai mal ? Je n’en sais rien et j'aime pas ça.


Martyrs, déjà en salle.

jeudi 28 août 2008

Pschitt



Un peu de bling bling, juste un peu (c'est la fatigue hein). Dans cette pub pour un parfum, on n’a pas tant retenu le fait que le fils du Bouffon Vert ressemblait de loin à James Dean que la chanson, reprise éthérée-électro d’un tube eighties qu’on imaginait parfaite à l'époque pour une pub… pour du parfum. Il a fallu vingt ans à une agence de pub pour s’en rendre compte, et ils n’ont même pas été foutus de rappeler l’interprète original, toujours en activité (je crois). On est quand même curieux d’entendre la version complète de cette cover - pas trop mal, mais de loin - par l’ex-chanteuse de Moloko. Nananana… même le fils du Bouffon Vert fait du karaoké-parlé sur la chanson (comme un top model le fait dans la vidéo de la chanson originale).

lundi 25 août 2008

Ce qu’on apprend au cinéma (1) : Woman on the Beach


Ouverture d’un cycle sur les choses apprises dans les films (on en apprend plus que dans la vie).
1 : ne pas enjamber une femme coréenne. Si le mâle coréen a l’air compliqué, la femme aussi, surtout quand, après une cuite, une nuit blanche de jalousie, elle psychote sur le fait de savoir si « cette salope et toi » l’ont enjambé la nuit dernière (après une cuite et une autre nuit blanche de jalousie). On pense à une tante à nous qui psychote quand quelqu’un enjambe son panier de provisions à la supérette (« on ne doit jamais enjamber la nourriture »).
(Lu et entendu dans le très beau Woman on the Beach d’Hong Sang-Soo - non, on s'en fout pas -, élégante leçon de fuite où en amour, on part de nulle part pour arriver nulle part. La scène où le réalisateur dessine sur une feuille « la réalité » (qui est en fait un billard à trois bandes, si on a bien compris) enfonce les explications sur la Force ou l’origine de la Matrix).

Woman on the Beach, déjà dans les salles.

dimanche 24 août 2008

Eyes Wide Shut

Jakarta, Août 2008

samedi 23 août 2008

Je suis vivant et vous êtes morts (mais vous ne le savez pas encore) : notes sur Steven Seagal et trois lignes de Nicolas Cage


Il y a un très « joli » papier sur Steven Seagal dans l’édition britannique de FHM – merci A. - du mois d’août : en empathie avec son sujet mais aussi putassier (c’est FHM voyons), à peine exagéré connaissant les frasques et la personnalité du panda bouffi, acteur-producteur-guitariste. En résumé : le type est bouffi, imbu de lui-même, déconnecté, guitariste, d’origine mongolienne et a sa propre marque de couteaux de cuisine. Seagal appartient à cette ère, durant les eighties et les nineties, où dans les films, il fallait à tout prix démontrer qu’un petit blanc (américain de préférence) pouvait pratiquer les arts martiaux aussi bien, sinon mieux qu’un asiatique. C’était avant la grande récup’ du cinéma de Hong Kong – avec Jean-Claude Van Damne comme aspirateur, de Woo ou Tsui Hark. C’était l’enfer des vidéo-clubs, peuplé de ninjas blancs (le brushé Michael Dudikoff, doublé en français par la voix de Michael Knight de K2000), de Chuck Norris (« toi, tu commences à me baver sur les rouleaux »), de kickboxers (Van Damne et ses noms de personnages exotiques : Lyon Gaultier, Gibson Rickenbacker, Alain Lefevre ou Chance Boudreaux) et de cigales.

Avec Norris, Seagal est celui qui s’est aventuré le plus dans le surréalisme involontaire, en étant le plus sympathique – une norrisserie étant datée par son parfum indéniablement réac-reaganien. A JCVD, le grand écart facial ; à Norris, le coup de pied sauté-retourné ; à Seagal… les bras cassés et retournés, non pas pour juste envoyer ses adversaires au tapis mais vraiment leur faire mal, méthodiquement. Son « sommet » est probablement sa paire Echec et Mort (où il écrit du Dostoïevski sur les murs des méchants) + Désigné pour Mourir (l’affiche où se détache sa silhouette et sa micro-queue de cheval, avec n’importe quelle image d’Alain Gillot-Pétré période TF1, sont utiles pour un futur archéologue voulant caractériser 1990 ap. J.-C.) Et il y a cette réplique sublime extraite de Terrain Miné, où un mercenaire apeuré décrit ainsi Steven :

"Mon contact à Washington dit qu'on n'a pas affaire à un élève mais qu'on a affaire au professeur. Quand l'armée monte une opération qui doit pas échouer c'est à lui qu'ils font appel pour entraîner les troupes, d'accord? C'est le genre de type qui boirait un bidon d'essence pour pouvoir pisser sur ton feu de camp. Ce mec-là tu le largues au Pôle Nord, sur la banquise avec un slip de bain pour tout vêtement, sans une brosse à dents et demain après-midi tu le vois débarquer au bord de ta piscine avec un sourire jusqu'aux oreilles et les poches bourrées de pesos. Ce type-là est un professionnel"
.


Depuis 2002, parce qu’il a été incapable de se réinventer comme ses pairs (JCVD piégé à Hong-Kong, Norris à la télé), le « professionnel » enchaîne les direct-to-video tournés en Roumanie ou en Pologne. On écrit ces notes décousues – en omettant les films de Steven avec des rappeurs, les films écolos de Steven, la voix douce de Steven, Steven et le chien mystique – parce que Nic(olas) Cage emprunte une pente dangereusement seagalienne dans Bangkok Dangerous (nouvelle expérience capillaire pour l’acteur). Tout ce qui a été écrit ici s’applique à tout le film (en bas, suivez le flingue).


Bangkok Dangerous, en salle le 27 août.
La filmo de Steven Seagal est vraisemblablement disponible dans un Video Futur à côté de chez vous.

jeudi 21 août 2008

Véridique! Mulder et Scully sont sur un bateau (playdoyer (sic) pour X-Files : Régénération)

Titre alternatif : "Aux Frontières du Réel - La Méthode Coué"

C’est le couple dont tout le monde se fout un peu cet été. Elle n’a pas été prise en flagrant délit de bide sous le bikini ; lui n’a pas été vu avec une autre. Autour de nous, les avis pleuvent : « l’histoire est naze, y a pas d’aliens, t’as vu le type du FBI faire une pieta avec Mulder ». X-Files : Régénération avait l’air d’être le film le plus en retard, à la traîne de son époque qui soit (un peu comme Babylon A.D.Blade Runner rencontre Corona – pas la bière), avec son couple si, si… nineties ? On a oublié quand on a décroché de X-Files (les abeilles tueuses ? Le film ? Le T-1000 ? Le 11 Septembre 2001? Mouais, non, c'est tous les jours le 11 septembre 2001), fatigué de ne pas trouver la vérité de la conspiration dans la conspiration, qui est finalement un brin décevante (le syndrome Chris Carter est devenu le syndrome J.J. Abrams à la télé de nos jours).


Et puis on retrouve Mulder et Scully, et Dieu merci, ils ont un peu changé. On ne sait plus qui a écrit qu’on pouvait grandir avec des personnages de séries – chose difficile, ils sont un peu comme Dorian Gray, voir les caricatures comme Les Feux de L’Amour. Mais là oui, oui, d’autant qu’on les avait perdus de vue depuis un bail. Les acteurs ont fait autre chose, enfin, Duchovny, lui oui : il est devenu dangereux après Californication. Anderson n’a rien fait mais elle reste indéniablement sexy comme le glaçon des premiers jours. Et leurs personnages ont aussi fait autre chose : ils se sont empâtés, fatigués, comme nous (enfin, on ne s'est pas trop empâté). Tant mieux. On se souvenait surtout dans la série de quelques baisers chastes, du bébé de Scully quasi Immaculée Conception mais le plan le plus terrifiant d’X-Files : Régénération est bien celui où on voit surgir Mulder derrière Scully dans le même lit. Ils l’ont fait. Et même plusieurs fois. Notre confrère rappelait que Chris Carter travaillait la croyance dans le film (I want to believe I can make something interesting again with Mulder & Scully? I want to believe I can make some bucks?): il a au moins travaillé sur la nôtre, sur les derniers bouts de confiance/croyance qu’on pouvait investir dans le couple.

Mais, mais, ce froid, cette crise de foi (de Scully) et ces scènes de la vie conjugale… un après sa mort : X-Files : Ingmar Bergman’s Regeneration ? Nous, on reprend X-Files depuis la saison 1, les costards amples, la photo grisâtre et les premières questions. On repense à nos premières certitudes lorsqu’on a découvert la série au collège, planquée le vendredi soir sur M6 : « c’est quoi cette série canadienne qui va juste faire trois saisons ? Et pourquoi la rousse ne ressemble pas à Pamela Anderson ? »

X-Files : Régénération, déjà dans les salles.

lundi 18 août 2008

"Something's got to give"

On peut très bien avoir une longueur d’avance sur l’intrigue d’un film – parce que c’est du déjà vu – et tout de même rester, apprécier. Ça nous est arrivé dernièrement avec Yella (Christian « Ecole de Berlin » Petzold, probablement insortable en France) et Dorothy (Agnès Merlet). Points communs : deux films fantastiques, avec des prénoms féminins, de fascinantes actrices principales et d’emblée, on sait ce qui va se passer. Yella est le remake d’un certain film fantastique US, recontextualisé dans la froideur capitaliste contemporaine, où les couloirs d’hôtels 2* sur aire d’autoroute remplacent les manoirs hantés et les carnavals hallucinés. Dorothy compile pleins de films d’exorcisme, de sextuples personnalités et de villages hostiles aux étrangers. Mais on s’en fout, grâce aux actrices têtes de proue : Nina Hoss (aux faux airs de Karin Viard teutonne), droite et flottante dans Yella, et Carice Van Houten (découverte dans Black Book de Verhoeven), reliftée en Tippi Hedren brune sur l’île aux Oiseaux – avec la même classe folle hitchcokienne, on aime son trench. Dans Babylon A.D. de Matthieu Kassovitz (ça sort là), on a aussi une longueur d’avance sur le film mais c’est là bien chiant. Et on pense à Blade Runner + Les Fils de l’Homme + Baby-Sittor (avec le même Vin Diesel). Un film d’anticipation à la bourre et en fait nostalgique de l’époque de l’après-Pacte des Loups, où on croyait pouvoir réussir des films de genre friqués en France. Christophe Gans était bon DJ de cinéma. Kassovitz, c’est plutôt La Plus Grande Discothèque du Monde (volume 25).


Dorothy, déjà en salle. Yella, jamais en salle (un jour sur Arte?). Babylon A.D., en salle le 20 août.

dimanche 17 août 2008

"Is that your name or do you live there?"

On a de l’empathie pour tout ce qui est petit, jaune et souriant. On aime donc l’idée du photographe Mike Stimpson : recréer des photos historiques avec des briques et petits bonshommes de Lego. La démarche évoque les travaux de Brice Dellsperger (les remakes indigents de scènes-clé de films sous le label Body Double X) ou les photos d’Edouard Levé, soit refaire une image, dans un dénuement total, pour toucher à son essence (et aussi s’amuser un peu quand même). Stimpson ne travaille que dans le contexte du Lego : pour remaker la photo de l’auto-immolation d’un moine bouddhiste au Vietnam en 1963 (photo ci-contre), il ne mettra pas le feu à ses jouets, mais cherchera de vraies-fausses flammes en plastiques sortie d’une boîte de Lego. Sens du détail, de l’autolimitation. Si Lego ne fait pas de moines bouddhistes en robe, au moins produit-il des gardes impériaux Star Wars en robe pour faire illusion.

Jouer avec l’histoire, au risque ( ?) de la neutralité, l’anesthésie générale qui empêche parfois de reconnaître la photo originale, mais au mieux ( ?) « trivialise ». Ceci est une pipe, un p'tit bonhomme avec un autre p'tit bonhomme (hein, Higgins). Brouiller les signes. De très loin, le reflet dans la flaque du remake de Derrière La Gare St-Lazare de Cartier-Bresson rappelle la photo de cet anonyme chutant – mais pris en plein vol – du World Trade Center le 11/09. Ci-dessous, braque-t-on le capitaine Viet Cong Nguyễn Ngọc Loan ou un sosie d’Elvis Presley ? On attend la reconstitution de la cérémonie d’ouverture des JO de Pékin : l’auteur peut commencer ses provisions de Lego.


Source : Wired