Puisque ces mystères nous dépassent...
Il y a 6 jours
Heidelberg, Nov. 2008
Donc, il va bien et sort même en octobre une 236ème compil’ (iSELECT Bowie – qui veut dire « je viens de découvrir l’iPod ») de ses morceaux qu’il a choisi en personne. Et il a du bon goût le bonhomme car il a sélectionné des titres un peu plus obscurs qu’on aime beaucoup et qu’on a toujours repiqués dans nos propres playlists/compilations alternatives : la suite Sweet Thing/Candidate/Sweet Thing (Reprise) – sur Diamond Dogs - où on a l’impression qu’il va s’effondrer, Win (sur Young Americans) où il fait le Al Jolson mutant, s’imaginant plus noir que blanc où le contraire à cause de la coke, on ne sait plus.






On peut très bien avoir une longueur d’avance sur l’intrigue d’un film – parce que c’est du déjà vu – et tout de même rester, apprécier. Ça nous est arrivé dernièrement avec Yella (Christian « Ecole de Berlin » Petzold, probablement insortable en France) et Dorothy (Agnès Merlet). Points communs : deux films fantastiques, avec des prénoms féminins, de fascinantes actrices principales et d’emblée, on sait ce qui va se passer. Yella est le remake d’un certain film fantastique US, recontextualisé dans la froideur capitaliste contemporaine, où les couloirs d’hôtels 2* sur aire d’autoroute remplacent les manoirs hantés et les carnavals hallucinés. Dorothy compile pleins de films d’exorcisme, de sextuples personnalités et de villages hostiles aux étrangers. Mais on s’en fout, grâce aux actrices têtes de proue : Nina Hoss (aux faux airs de Karin Viard teutonne), droite et flottante dans Yella, et Carice Van Houten (découverte dans Black Book de Verhoeven), reliftée en Tippi Hedren brune sur l’île aux Oiseaux – avec la même classe folle hitchcokienne, on aime son trench. Dans Babylon A.D. de Matthieu Kassovitz (ça sort là), on a aussi une longueur d’avance sur le film mais c’est là bien chiant. Et on pense à Blade Runner + Les Fils de l’Homme + Baby-Sittor (avec le même Vin Diesel). Un film d’anticipation à la bourre et en fait nostalgique de l’époque de l’après-Pacte des Loups, où on croyait pouvoir réussir des films de genre friqués en France. Christophe Gans était bon DJ de cinéma. Kassovitz, c’est plutôt La Plus Grande Discothèque du Monde (volume 25). 
On a de l’empathie pour tout ce qui est petit, jaune et souriant. On aime donc l’idée du photographe Mike Stimpson : recréer des photos historiques avec des briques et petits bonshommes de Lego. La démarche évoque les travaux de Brice Dellsperger (les remakes indigents de scènes-clé de films sous le label Body Double X) ou les photos d’Edouard Levé, soit refaire une image, dans un dénuement total, pour toucher à son essence (et aussi s’amuser un peu quand même). Stimpson ne travaille que dans le contexte du Lego : pour remaker la photo de l’auto-immolation d’un moine bouddhiste au Vietnam en 1963 (photo ci-contre), il ne mettra pas le feu à ses jouets, mais cherchera de vraies-fausses flammes en plastiques sortie d’une boîte de Lego. Sens du détail, de l’autolimitation. Si Lego ne fait pas de moines bouddhistes en robe, au moins produit-il des gardes impériaux Star Wars en robe pour faire illusion.
"À mon sens, la plus grande faveur que le ciel nous ait accordée, c’est l’incapacité de l’esprit humain à mettre en corrélation tout ce qu’il renferme".Ce blog va donc s'attacher à corréler certaines choses vues, lues, devinées ou entendues, de préférence de manière douteuse, dans la planète pop.